Vous êtes en copropriété et vous entendez parler d’audit énergétique obligatoire partout. Un voisin vous dit que le syndic doit en commander un avant fin 2026. Un autre jure le contraire. Qui a raison ?
Aucun des deux, en fait. Et la réponse mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle change la façon dont vous devriez aborder la rénovation de votre immeuble.
Ce que dit vraiment la loi en 2026
La loi Climat et Résilience a multiplié les obligations sur les logements individuels classés E, F ou G. Mais pour les copropriétés, le texte ne parle pas d’audit énergétique obligatoire. Ce qui est obligatoire, c’est le DPE collectif, pour tous les immeubles avant 2034 selon un calendrier par taille, et le Projet de Plan Pluriannuel de Travaux, le fameux PPPT, pour les immeubles de plus de 15 ans.
L’audit énergétique réglementaire, lui, reste réservé à la vente de logements en monopropriété : maisons individuelles et appartements vendus seuls, hors copropriété organisée. Une nuance que beaucoup de syndics eux-mêmes confondent encore avec le DPE collectif.
Pourquoi le faire quand même
Voici où ça devient intéressant. Un audit énergétique de copropriété, même non obligatoire, ouvre des portes. MaPrimeRénov’ Copropriété conditionne une partie de ses aides à un diagnostic approfondi du bâti. Les CEE, certificats d’économie d’énergie, aussi, dans certains cas. Sans audit, vous montez un dossier de financement à l’aveugle. Avec, vous savez exactement où mettre les 200 000 euros de travaux qu’un ravalement énergétique coûte en moyenne pour un immeuble de 30 lots.
À savoir : Depuis le 1er juillet 2025, tout audit énergétique de copropriété doit suivre la méthode 3CL-DPE et être réalisé par un bureau d’études certifié OPQIBI 1905. Vérifiez cette certification avant de signer un devis.
La différence avec le DPE collectif
Le DPE collectif mesure une étiquette : A à G, point. L’audit va plus loin. Il identifie où l’immeuble perd de l’énergie, toiture mal isolée, chaufferie collective vétuste, fenêtres simple vitrage dans les parties communes, et chiffre plusieurs scénarios de travaux, du plus minimal au plus ambitieux. C’est la différence entre savoir qu’on a de la fièvre et savoir d’où vient l’infection.
Le jour où votre assemblée générale débat du budget travaux, celui qui arrive avec un audit en main pèse plus lourd que celui qui brandit juste une étiquette DPE.
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